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Le contrôle de la parole


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André Schiffrin
Le contrôle de la parole
L'édition sans éditeurs, suite
Il s'agit bien de la suite de L'Edition sans éditeurs. Dans ce premier livre, Schiffrin s'appuyait sur sa propre histoire d'« éditeur racheté par un grand groupe » pour en tirer des enseignements valables non seulement pour les États-Unis, mais pour tous les pays « occidentaux ». Cette fois-ci, pour Le Contrôle de la parole, il met à profit l'année qu'il vient de passer à Paris pour tirer le bilan de l'expérience française récente, non seulement dans l'édition mais aussi dans la presse et les autres médias : l'affaire Vivendi-Editis-Wendel, le rachat du Seuil par La Martinière, le rachat de la Socpresse par Dassault. Ce qui frappe le plus Schiffrin en France, c'est l'atonie des médias, le conformisme du milieu intellectuel, l'absence de débat face à des mutations lourdes de conséquences pour l'avenir.

Le livre traite en seconde partie des bouleversements dans l'édition et les médias anglais et américains, où la concentration est telle qu'il ne reste plus rien à acheter. Elle se poursuit néanmoins, les grands groupes réglant leur compte aux petites maisons intellectuelles rachetées - toujours dans l'idée d'accroître le taux de rentabilité, critère ultime.

Pour finir, Schiffrin émet quelques propositions pour sortir de la terrible situation qu'il a décrite. Utopiques si l'on veut, mais on voit bien où mène la realpolitik des conglomérats internationaux des médias.

« Résultat : un passionnant petit opus intitulé Le Contrôle de la parole sort ces jours-ci aux éditions La Fabrique. Il fait suite à L'Édition sans éditeurs (La Fabrique, 1999), ce livre devenu un classique où l'auteur décrivait la mainmise des grands groupes sur l'édition indépendante américaine.
André Schiffrin se souvient, non sans ironie : « Quand L'Édition sans éditeurs est sorti à Paris, la réaction générale avait été qu'il s'agissait là d'une situation très grave pour les États-Unis, mais qu'une évolution de ce genre ne pourrait jamais se produire en France. Dans les semaines suivant la parution, Le Monde ne publia pas moins de trois points de vue d'éditeurs développant cet argument. » Hélas, il suffisait d'attendre pour constater, semble dire aujourd'hui A. Schiffrin : « Les bouleversements dans l'édition, en France et ailleurs, vont bien au-delà de ce que j'aurais pu prévoir à mes moments les plus pessimistes. » En France, explique-t-il, c'est justement l'absence de débat qui l'a frappé. « La discussion publique sur l'affaire Hachette-Vivendi et sur les récentes acquisitions par Dassault et Wendel a été des plus limitées. Presque personne n'a proposé de solution alternative. » Que le gouvernement, sous couvert de privilégier l'intérêt national, ait pu pousser à la fusion Hachette-Editis le laisse pantois. Si cette opération s'était concrétisée, « ce groupe aurait contrôlé les deux tiers du marché, ce qui, même aux Etats-Unis, est impensable. »
Le Monde, février 2005, Florence Noiville.

« En pleine actualité à l'heure où Lagardère prend une participation importante dans le capital du Monde, le nouveau livre d'A. Schiffrin va à nouveau susciter la controverse. La France se trouve cette fois au centre du Contrôle de la parole. L'auteur y poursuit son analyse des méfaits de la concentration dans l'édition en prenant comme exemple « le grand chambardement » qui s'est produit chez nous au cours des trois dernières années.
Il analyse ainsi , à la lumière de la recherche de profits des groupes, « l'affaire Vivendi » et la vente du Seuil à La Martinière. Mais cette fois, il élargit son propos à la presse en montrant comment les concentrations de ces deux univers, la presse et l'édition, se répondent et se complètent. Il consacre ainsi un chapitre à la montée en puissance de Dassault dans les médias, avant de revenir à titre d'exemple, vers la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. »
Livres Hebdo, février 2005, A. S.

« Après un essai-coup de tonnerre, L'Édition sans éditeurs (La Fabrique, 1999), André Schiffrin poursuit, avec Le Contrôle de la parole, sa réflexion sur l'état du livre dans le contexte de la mondialisation. S'il fallait ne lire qu'un essai en cette rentrée, c'est celui-ci : 12 euros pour observer lucidement les rouages des grands conglomérats de l'édition. »
Topo, n°13, mars 2005, Marianne Cilly.

« Son dernier ouvrage est un constat sans appel : le monde de l'édition, soumis, comme les médias, à la logique du profit, est malade de la rentabilité. Et agonise. »
Marianne, Février 2005, Alexis Liebaert.

André Schiffrin
André Schiffrin a été pendant trente ans à la tête de Pantheon Book, prestigieuse maison d'édition littéraire aux USA (de Duras à Foucault, de Sartre à Claude Simon...). Il dirige depuis 1991 The New Press, maison indépendante à but non lucratif.
Sortie février 2005
96 pages - 12 euros
ISBN2-913372-35-X